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Irène GOURJON-BRUN

Par François Rousseau et Karine Trotel Costedoat



Du 1er au 9 décembre prochain, Irène Gourjon-Brun s’installe à la Biennale de Florence où elle présente la toile VIVRE, une œuvre exceptionnelle de 2 m x 1,10 m qui bouscule les habitudes de la fiction devenue si naturelles à l’art contemporain et à sa conception.

Dans le paysage artistique contemporain actuel, Irène Gourjon-Brun annonce définitivement sa volonté de rompre avec la conception et affirme sa détermination à mettre en exergue les nombreux codes culturels, psychologiques et même historiques qui composent l’art aujourd’hui.

VIVRE en atteste avec énergie. Sa cadence et le rythme de ses séquences n’est pas sans rappeler les célèbres danses macabres, chères au Moyen Age et pratiquement toutes disparues en France, dont l’inconscient a pourtant gardé des empreintes solides et bien actuelles : la familiarité avec la mort.


Cette familiarité qui avait pour mission d’apprivoiser l’idée de la mort a certes perdu son sens médiéval mais en a conservé les stigmates que sont la peur, la vulnérabilité et le dépouillement. Exacerbés par les codes psychologiques de notre société actuelle qui invite à la dissimulation, à la confusion et au mimétisme, le rapport à la mort aujourd’hui n’est plus volontairement et consciemment pris en compte, il est dominé par une intimité quotidienne proposée par les moyens audiovisuels actuels qui trahit une volonté d’ignorance, voire un refoulement.

Irène Gourjon-Brun en exprime toute sa force. Dans VIVRE, loin du cynisme, elle peint des corps désarticulés mais encore combatifs, touchants dans leurs émotions vivaces, dans leur enfermement à croire que la vie peut s’envisager sans fin.


Malgré le déséquilibre perçu au premier regard, une harmonie se dégage finalement – et de manière très cohérente – de ces personnages.

Loin de tout propos intellectuel et de toute forme de narration, le motif qu’exprime Irène Gourjon –Brun, dans sa toile VIVRE est avant tout de l’émotion à l’état brut et c’est en cela qu’elle traduit aussi bien, avec sa vérité à elle mais aussi avec ses références, ses influences, voire ses maladresses, ce que le verbe VIVRE signifie et implique.

Tout devient possible et c’est aussi l’expression des possibles qui fait de VIVRE une œuvre importante, notamment celle des mouvements picturaux majeurs connus qu’elle s’approprie et place dans un contexte personnel, même intime, puis interprète de manière spontanée, naturelle donc contemporaine.

Elle invite à cette liberté là : celle d’y voir des possibilités, et d’ouvrir aux interprétations, comme ses personnages qui, semblant évoluer sur plusieurs plans, évoquent un théâtre devant lequel le rideau ne serait pas encore levé. VIVRE d’Irène Gourjon-Brun invite à la curiosité et à l’intérêt, loin de tout cloisonnement, de tout discours, de toute définition artistique.

S'agit-il d'une grande fresque manifeste, comme Picasso en avait eu l'idée après le bombardement de Guernica ou comme en fit Diego Rivera, ou bien faut-il chercher une référence plus lointaine dans la peinture d'histoire du Grand Siècle?


Riche et complexe, l’œuvre contemporaine telle qu’Irène Gourjon-Brun la compose sort définitivement du simple concept et prend son sens, même ses sens, dans les racines de ses nombreuses inspirations, dont l’accessibilité avait, légitimement, avec le temps, était perdue mais que l’inconscient invite à resurgir.

Assumée, l’œuvre d’Irène Gourjon-Brun retisse efficacement l’ensemble de ces liens et se place déjà, avant-gardiste, des grands courants à venir.



Irène Gourjon-Brun quitte, quelques temps son atelier de Touraine, pour répondre aux nombreuses sollicitations parisiennes.

Du 22 novembre au 2 décembre, elle exposera au GRAND PALAIS, aux « Indépendants », avant de rejoindre la Biennale de Florence.

Très influencée par Basquiat dans ses premières toiles, Irène Gourjon-Brun a vite trouvé sa voie avec un travail très acharné sur les transparences dans les matières.
Elle sera de retour à Paris en janvier, avec sa nouvelle collection de peinture sur calque polyester dont la solidité, la fluidité, la légèreté et la transparence séduisent déjà les amateurs d’art.




Contact : Karine Trotel Costedoat 06 14 36 09 47