chargement

Irène GOURJON-BRUN

Les secrets de la matière dans une peinture en liberté


Irène GOURJON nous entraîne dans son sillage avec une grande fraîcheur de caractère. Ses compositions sont assises et le sujet respire, servi par une palette capable des plus élégantes nuances. Elle ménage des vides apaisants pour le regard et l’esprit, comme des clairières pour le repose si nécessaire à la pensée. Saturées à l’extrême, les couleurs choisies par ce peintre créent des contrastes saisissants. Orangés, bleus, verts, rouges, ocres…établissent d’emblée les perspectives des divers plans, empoignant les thèmes à bras le corps.

La peinture d’Irène confronte son imagination à celle de l’humanité. Les formats variés permettent à cette artiste de concentrer son univers symbolique dans une surface conférant une intériorité  et un caractère intimiste à ses histoires où la plasticité se conjugue harmonieusement avec l’image produite.



A la peinture sur toile se mêlent, sable, métal, bois, papier, fleur de chaux. La nature même de la surface tend souvent à traduire une spontanéité gestuelle. Ce support matière est déjà composition, œuvre, avant même de recevoir la vie par le libre jeu des couleurs. Viennent alors les signes pour suggérer le lieu, le temps, un visage ou l’idée d’un code à décrypter.

Chaque exercice devient un itinéraire de découvertes picturales dans les chemins de l’acrylique aux couleurs souvent chaudes, parsemées de gris profonds. Le caractère parfois pictographique, emblématique de Irène GOURJON ne doit pas faire oublier le peintre qu’elle est, avant tout. L’ exécution de son savoir-faire technique est au service de son expression. Vitalité des nuances, espaces enchevêtrés, souplesse des lignes se conjuguent sur ces récentes productions. Sur la toile où les couleurs festives sont « balancées au couteau », les jambages de caractères s’ordonnent.

Ici, la rectitude d’une figure expressive, le tout composé avec une souplesse toujours maîtrisée. Là, une largesse des volumes…Répartis sur des bandes ou bien contenus dans des cadres, les idéogrammes dialoguent avec l’espace ainsi apprivoisé. Fond et forme s’interpénètrent, jouant d’un graphisme qui s’amuse d’une narration en continu ou d’un portrait plus vibrant que nature.



Malgré l’impression d’improvisation, les toiles d’Irène sont soumises à un contrôle permanent. La matière est prioritaire mais cette belle artiste refuse que le moyen dépasse l’expression. Le geste inscrit le signe alors que l’effusion de la palette déclenche la charge émotive.

Une dynamique insuffle une énergie portée par les tonalités mêlées. Les lignes se font disertes et ingénues. Une grande bouffée d’air nous fait voyager dans les images mues en d’énigmatiques caractères, signature familière et identitaire du langage de ce peintre.



Irène GOURJON cultive ce goût des matériaux par une pratique régulière de son Art dont elle a su pénétrer les secrets. D’où sans doute cette parfaite intégration du trait dans la surface, son aisance à prendre possession de la mise en page.

Sa poésie si personnelle en ressort vivifiée. Irène nous enchante avec ses collages dans lesquels elle élude davantage l’aspect imagier au profit d’une composition savante, faisant appel aux seuls matériaux dont la variété et l’inventive combinaison créent une amorce d’histoire ou simplement un agencement plastique propre à éveiller l’imaginaire du collectionneur. La force alliée à l’émotion réelle de certaines toiles est dans cette certitude d’imbrication des volumes laquelle creuse l’espace, l’ouvre ou le ferme. Chaque geste, chaque touche prend sa place avec fermeté pour apporter une présence outrepassant la représentativité.



Serait-ce proche de la création abstraite ? Nous parlerons plutôt d’harmonie, d’équilibre, des rythmes laissant sourdre un murmure poétique. Sa pratique du dessin comme sa science des rapports de couleurs élégants, font des œuvres de Irène GOURJON une musique de chambre pleine d’humour et de tendresse.

Dialogue engagé avec le monde et métamorphose vivante d’un « autre monde », d’un ailleurs, chaque tableau se donne comme questionnement sur l’œuvre peinte.

Le regard du visiteur est apostrophé par ces peintures au charme tonique. Une émergence troublante de l’être se perçoit dans ce talent tout entier qui semble être un appel vers l’infini. Une peinture authentique, très remarquée, à suivre avec grand intérêt…


Dominique CHAPELLE
Présidente Fondatrice de la Fédération Nationale de la Culture Française
Critique d’Art
Expert en Art Moderne



Irène GOURJON-BRUN

Par François Rousseau et Karine Trotel Costedoat



Du 1er au 9 décembre prochain, Irène Gourjon-Brun s’installe à la Biennale de Florence où elle présente la toile VIVRE, une œuvre exceptionnelle de 2 m x 1,10 m qui bouscule les habitudes de la fiction devenue si naturelles à l’art contemporain et à sa conception.

Dans le paysage artistique contemporain actuel, Irène Gourjon-Brun annonce définitivement sa volonté de rompre avec la conception et affirme sa détermination à mettre en exergue les nombreux codes culturels, psychologiques et même historiques qui composent l’art aujourd’hui.

VIVRE en atteste avec énergie. Sa cadence et le rythme de ses séquences n’est pas sans rappeler les célèbres danses macabres, chères au Moyen Age et pratiquement toutes disparues en France, dont l’inconscient a pourtant gardé des empreintes solides et bien actuelles : la familiarité avec la mort.


Cette familiarité qui avait pour mission d’apprivoiser l’idée de la mort a certes perdu son sens médiéval mais en a conservé les stigmates que sont la peur, la vulnérabilité et le dépouillement. Exacerbés par les codes psychologiques de notre société actuelle qui invite à la dissimulation, à la confusion et au mimétisme, le rapport à la mort aujourd’hui n’est plus volontairement et consciemment pris en compte, il est dominé par une intimité quotidienne proposée par les moyens audiovisuels actuels qui trahit une volonté d’ignorance, voire un refoulement.

Irène Gourjon-Brun en exprime toute sa force. Dans VIVRE, loin du cynisme, elle peint des corps désarticulés mais encore combatifs, touchants dans leurs émotions vivaces, dans leur enfermement à croire que la vie peut s’envisager sans fin.


Malgré le déséquilibre perçu au premier regard, une harmonie se dégage finalement – et de manière très cohérente – de ces personnages.

Loin de tout propos intellectuel et de toute forme de narration, le motif qu’exprime Irène Gourjon –Brun, dans sa toile VIVRE est avant tout de l’émotion à l’état brut et c’est en cela qu’elle traduit aussi bien, avec sa vérité à elle mais aussi avec ses références, ses influences, voire ses maladresses, ce que le verbe VIVRE signifie et implique.

Tout devient possible et c’est aussi l’expression des possibles qui fait de VIVRE une œuvre importante, notamment celle des mouvements picturaux majeurs connus qu’elle s’approprie et place dans un contexte personnel, même intime, puis interprète de manière spontanée, naturelle donc contemporaine.

Elle invite à cette liberté là : celle d’y voir des possibilités, et d’ouvrir aux interprétations, comme ses personnages qui, semblant évoluer sur plusieurs plans, évoquent un théâtre devant lequel le rideau ne serait pas encore levé. VIVRE d’Irène Gourjon-Brun invite à la curiosité et à l’intérêt, loin de tout cloisonnement, de tout discours, de toute définition artistique.

S'agit-il d'une grande fresque manifeste, comme Picasso en avait eu l'idée après le bombardement de Guernica ou comme en fit Diego Rivera, ou bien faut-il chercher une référence plus lointaine dans la peinture d'histoire du Grand Siècle?


Riche et complexe, l’œuvre contemporaine telle qu’Irène Gourjon-Brun la compose sort définitivement du simple concept et prend son sens, même ses sens, dans les racines de ses nombreuses inspirations, dont l’accessibilité avait, légitimement, avec le temps, était perdue mais que l’inconscient invite à resurgir.

Assumée, l’œuvre d’Irène Gourjon-Brun retisse efficacement l’ensemble de ces liens et se place déjà, avant-gardiste, des grands courants à venir.



Irène Gourjon-Brun quitte, quelques temps son atelier de Touraine, pour répondre aux nombreuses sollicitations parisiennes.

Du 22 novembre au 2 décembre, elle exposera au GRAND PALAIS, aux « Indépendants », avant de rejoindre la Biennale de Florence.

Très influencée par Basquiat dans ses premières toiles, Irène Gourjon-Brun a vite trouvé sa voie avec un travail très acharné sur les transparences dans les matières.
Elle sera de retour à Paris en janvier, avec sa nouvelle collection de peinture sur calque polyester dont la solidité, la fluidité, la légèreté et la transparence séduisent déjà les amateurs d’art.




Contact : Karine Trotel Costedoat 06 14 36 09 47